lèse-majesté
Monde

Peut-on vraiment être condamné à mort pour lèse-majesté?

Dans plusieurs pays, une simple insulte envers le souverain mène directement en prison, car la loi protège encore fermement la couronne.


La Thaïlande : record de sévérité

Le royaume applique l’article 112, soit l’une des législations les plus dures au monde pour protéger la royauté.

D’abord, les sanctions s’accumulent pour chaque offense. En effet, un juge peut infliger 15 ans de prison pour une seule injure. Par conséquent, un récidiviste risque de passer sa vie entière derrière les barreaux. De plus, les tribunaux interprètent la loi de manière très large. Elle couvre ainsi le roi, la reine et l’héritier. Finalement, le monarque possède un statut quasi sacré qui rend toute critique taboue et politiquement risquée.


Le Maroc et l’inviolabilité royale

Au sein du royaume chérifien, la Constitution déclare la personne du roi comme « intouchable ».

D’un côté, le respect dû à Mohammed VI encadre strictement la liberté de la presse. Par exemple, en 2016, un journaliste a purgé 15 mois de prison ferme pour « manque de respect ». D’un autre côté, ces lois servent souvent à protéger la stabilité de l’État. En outre, la Jordanie ou l’Arabie Saoudite appliquent des règles similaires. Dans ces pays, l’offense au souverain équivaut fréquemment à une atteinte à la sûreté nationale.


Des lois tenaces en Europe

Même les démocraties occidentales conservent des vestiges juridiques pour protéger leurs familles royales.

Certes, ces pays prônent la liberté d’expression, mais ils maintiennent des sanctions spécifiques. En Belgique ou au Danemark, l’outrage au Roi reste passible de 6 mois à 3 ans de prison. Par ailleurs, l’Espagne multiplie les poursuites contre ceux qui insultent Felipe VI sur les réseaux sociaux. Enfin, le Royaume-Uni garde théoriquement des lois sur la sédition, bien que les juges les utilisent très rarement aujourd’hui.

« Diffamer un membre de la famille royale entraîne des peines plus lourdes que pour un simple citoyen. »


Un décalage majeur apparaît entre les traités internationaux et ces législations nationales. Alors que la France a supprimé le délit d’offense au président en 2013, plusieurs monarchies renforcent leurs contrôles.

En réalité, ces lois ne protègent pas seulement l’honneur d’un homme. Elles maintiennent surtout l’unité nationale face aux contestations. Pour les touristes et les résidents, la prudence s’impose donc. En effet, un message publié en ligne peut suffire à déclencher des poursuites judiciaires graves.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *