La Foire Internationale d’Alger de 1978 et les Américains
En 1978, la 15ème Foire Internationale d’Alger (FIA) s’est tenue dans un contexte particulier. Un câble déclassifié par WikiLeaks révèle que la participation américaine y était « modeste », mais jugée « politiquement nécessaire ». L’ambassade des États-Unis à Alger a conclu à une efficacité commerciale limitée, la FIA étant avant tout un rendez-vous politique essentiel pour maintenir de bonnes relations avec le gouvernement algérien.
Une Vitrine Algérienne, des Attentes Étrangères Déçues
Le rapport de l’ambassade a mis en lumière que la FIA servait principalement de vitrine pour l’Algérie. Le pays souhaitait ardemment exposer ses avancées dans la fabrication locale de biens. Des entreprises nationales comme la SONATRACH, avec ses véhicules GPL, mettaient en avant l’objectif d’autosuffisance. Ce constat tranchait avec les attentes des exposants étrangers. Ces derniers étaient souvent déçus par la faible affluence et le manque d’intérêt des visiteurs algériens pour des transactions commerciales concrètes.
Dilemme Américain : Présence Politique ou Rentabilité Commerciale ?
Face à ce constat, l’ambassade américaine faisait face à un dilemme : fallait-il investir davantage sans retour commercial clair, ou risquer de froisser les autorités algériennes par une absence remarquée ? Le rapport soulignait l’importance d’une présence future plus significative. Non pas pour des gains commerciaux immédiats, mais pour des raisons de « bonne volonté » politique.
Stratégies Futures : Attrait Populaire et Coûts Maîtrisés
Les recommandations pour la participation américaine en 1979 étaient claires :
- Recrutement local : Encourager les entreprises américaines déjà implantées à Alger à exposer sous l’égide de l’ambassade, afin de maîtriser les coûts d’exposition.
- Thème unificateur : Choisir un thème général, tel que l’énergie, plutôt qu’une large gamme de produits. Il était également conseillé d’inclure quelques biens de consommation grand public pour capter l’attention d’un public plus large.
- Approche simplifiée : Adapter les expositions au public algérien. Les démonstrations simples et les produits « accrocheurs » étaient préférés aux technologies de pointe, souvent jugées trop complexes ou déjà connues de l’élite technique.
L’objectif était de transformer une « nécessité politique » en une opportunité de renforcer les liens. Tout cela, même si les retombées commerciales directes restaient modestes. Un équilibre délicat que les États-Unis devaient trouver dans une Algérie en pleine effervescence industrielle.

