Crypto en Algérie : Le Black-out total !
Le couperet est tombé : la crypto est désormais hors-la-loi en Algérie. Le Journal Officiel n°48 de juillet 2025 a formalisé l’interdiction de tout ce qui touche de près ou de loin au Bitcoin, à l’USDT et autres « actifs virtuels ». Un coup dur pour les adeptes de la finance numérique.
Pourquoi ce virage à 180 degrés ?
Ce nouveau cadre légal s’inscrit dans les modifications de la loi 01-05 relative à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
L’objectif affiché ? Verrouiller hermétiquement toute transaction Crypto susceptible d’échapper au contrôle de l’État et de servir à des activités illicites.
C’est clair et net :
- Achat, vente, échange : Fini !
- Détention, transfert, utilisation comme moyen de paiement ou d’investissement : Interdit !
- Minage, création de plateformes d’échange : Totalement proscrit !
En somme, toute activité liée aux cryptomonnaies devient un délit pénal en Algérie. Les plateformes comme Binance ou RedotPay sont directement visées.
Quel impact pour les utilisateurs de Crypto algériens ?
C’est la question que tout le monde se pose. Avec une telle interdiction, l’inquiétude monte.
Les comptes Binance gelés ?
Techniquement, Binance est une plateforme internationale et n’a pas d’obligation de se conformer aux lois de chaque pays de manière proactive, sauf en cas de demandes officielles et justifiées émanant d’autorités judiciaires. Cependant, en cas de coopération avec les autorités algériennes pour des enquêtes de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme, des comptes pourraient être ciblés. La vigilance est donc de mise, car même si la plateforme ne gèle pas « massivement » les comptes, des actions individuelles sont possibles en cas de soupçons avérés.
Comment les autorités peuvent-elles savoir ?
C’est le nerf de la guerre. Les autorités algériennes n’ont pas un accès direct aux bases de données des plateformes internationales. Néanmoins, plusieurs pistes existent :
- Signalements : Des transactions suspectes ou des dénonciations peuvent alerter les services compétents.
- Transactions locales : Les échanges « de main à main » ou via des plateformes non réglementées restent risqués si les fonds sont ensuite réinjectés dans le circuit bancaire local.
- Surveillance numérique : Bien que difficile, des analyses de données ou des enquêtes ciblées peuvent remonter jusqu’à des utilisateurs.
Quid des freelances ?
C’est une autre préoccupation majeure. Si RedotPay et Binance sont hors-jeu, comment les freelances recevront-ils leurs paiements s’ils utilisaient des solutions basées sur les cryptos ou des paiements via des plateformes comme PayPal avec des cartes associées aux cryptos ?
Pour l’heure, la solution pour les transactions internationales se limite aux cartes bancaires classiques (Visa, Mastercard) émises par des banques algériennes et soumises aux réglementations locales sur le change. Concernant les cartes de devises comme Wise ou MyFin, elles ne sont pas concernées par cette loi, car elles gèrent des devises fiduciaires (Euro, Dollar) et non des cryptomonnaies.
Quels alternatives et perspectives ?
Face à cette régression numérique, la question du « que faire ? » brûle les lèvres. Pour l’instant, les alternatives sont quasi inexistantes si l’on veut rester dans la légalité.
Les discussions autour de la carte de l’auto-entrepreneur pourraient être une piste, si elle permettait à terme des transactions en devises étrangères pour les activités liées à l’export de services. Mais pour l’instant, c’est le flou artistique.
Certains voient dans cette décision une tentative de réguler un marché jugé « sauvage » par l’État, tandis que d’autres déplorent un « retour en arrière » qui freine l’innovation et l’inclusion financière. Une chose est sûre : le paysage financier algérien vient de prendre un virage radical.
Alors, la cryptomonnaie en Algérie, une histoire déjà enterrée ou un simple répit avant une éventuelle « régulation contrôlée » ? L’avenir nous le dira, mais pour l’instant, prudence est mère de sûreté !

