attentat du boulevard Amirouche
Algerie, Histoire

L’attentat du boulevard Amirouche : des destins brisés

L’attentat du boulevard Amirouche a fauché la jeunesse algérienne un après-midi d’hiver sanglant, laissant derrière lui un sillage de douleur indélébile. Le 30 janvier 1995, l’horreur absolue s’est garée devant le commissariat central d’Alger sous la forme d’un véhicule piégé. En une fraction de seconde, le métal a déchiré le ciel et les corps.

Le bilan officiel fait état de quarante-deux morts et des centaines de blessés graves. Pourtant, derrière ces chiffres froids se cachent des visages, des rires et des projets brutalement interrompus. Parmi eux, Zahia Bouhired et Hakima Bouzaghti, deux étudiantes brillantes dont les portraits en noir et blanc hantent encore nos mémoires collectives.

Le souvenir vif de l’attentat du boulevard Amirouche

Zahia n’avait que vingt ans et étudiait la technologie, tandis que Hakima se destinait à l’aménagement urbain. Elles marchaient vers leur destin, porteuses d’un espoir que la haine a tenté d’étouffer sous les décombres. Désormais, le boulevard Amirouche n’est plus seulement une artère de la capitale, mais le sanctuaire d’une génération sacrifiée.

La violence aveugle n’a épargné personne ce jour-là. Un chauffeur de taxi, une couturière, un jeune appelé en permission : la liste des victimes ressemble au portrait d’une nation entière. En effet, chaque nom raconte une vie que l’on a volée à ses proches, à l’image du petit garçon de dix-huit mois qui ne connaîtra jamais son père, Abdelhak Atout.

Victimes civiles de l’explosion d’Alger en 1995

Les sœurs Mehenni, l’une couturière et l’autre ingénieure, marchaient ensemble comme elles l’avaient toujours fait. La mort les a surprises au détour d’une rue qu’elles croyaient familière. Par ailleurs, Nora Boulahlib, une collégienne de quatorze ans, a vu son innocence s’évaporer dans le souffle de la déflagration.

Pourtant, malgré la poussière et les cris, la ville a refusé de s’effondrer totalement. Les survivants portent les cicatrices physiques, mais le traumatisme psychologique reste la blessure la plus profonde. L’explosion a transformé le centre-ville en un paysage apocalyptique où les rêves de Rachid Djoudi, lycéen en terminale, ont fini en cendres.

Alors que les années passent, le devoir de mémoire s’impose comme une nécessité absolue pour ne jamais oublier le prix de la paix. Ce massacre, perpétré en plein cœur du mois de Ramadan, demeure une plaie ouverte dans le flanc d’Alger. Certes, les bâtiments ont été reconstruits, mais le vide laissé par ces disparus ne sera jamais comblé.

Aujourd’hui, nous honorons ces vies brisées par la folie humaine. Ces noms ne sont pas de simples statistiques sur un rapport de police jauni par le temps. Ce sont nos enfants, nos frères et nos sœurs. Ils étaient l’avenir de l’Algérie, un avenir que l’on a tenté de saboter un lundi tragique de janvier. Souvenons-nous de leur lumière face aux ténèbres.

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