Procès FAF Zetchi, Amara et Zefizef
Football

La justice condamne lourdement Zetchi, Amara et Zefizef

La justice algérienne condamne lourdement Zetchi, Amara et Zefizef, les trois anciens présidents de la FAF.

Ils sont reconnus coupables de dilapidation de deniers publics et de contrats illégaux.

Le verdict au sommet

Le tribunal de Sidi M’hamed a prononcé des peines exemplaires. La gouvernance du football entre 2017 et 2023 est ainsi sanctionnée.

  • Kheïreddine Zetchi : L’ancien président écope de huit ans de prison ferme. Il doit aussi payer un million de dinars d’amende. Son mandat, marqué par le sacre continental de 2019, est rattrapé par des irrégularités.
  • Charaf-Eddine Amara : Il reçoit la même peine de huit ans de prison. Sa gestion des finances fédérales a été jugée gravement déficiente.
  • Djahid Zefizef : L’ancien président est condamné à six ans de prison ferme. Il paie le prix d’un déficit budgétaire creusé sous sa courte présidence.

« Nul n’est au-dessus de la loi lorsqu’il s’agit de la gestion des fonds publics. »

L’appareil administratif décimé

Au-delà des figures de proue, toute la chaîne administrative tombe sous le coup de la loi.

  • Secrétaires généraux : Mohamed Saâd et Mounir Debichi écopent chacun de trois ans de prison ferme. Ils paient aussi un million de dinars d’amende.
  • Direction financière et sportive : Abdelghani Nakache et Amine Labdi reçoivent tous deux trois ans de prison ferme.
  • Bureau fédéral : Abdelmoumen Berraf est condamné à deux ans de prison. Ses ex-collègues Kaddah, Bahloul, Gouti et El Hachimi écopent chacun d’un an.
  • Acquittements : Seules deux employées subalternes ont été relaxées. Le tribunal a estimé qu’elles n’avaient aucun pouvoir décisionnel.

Le volet international et commercial

L’enquête a révélé des ramifications étrangères liées aux déplacements de l’équipe nationale.

  • Affaire Concord Voyage : Walid Mouhebi, gérant tunisien, est condamné à cinq ans de prison. Un mandat d’arrêt international a été confirmé contre lui.
  • Sanctions contre les entreprises : La société française S2F verse cinq millions de dinars d’amende. L’entreprise « Madgran » en paie neuf millions.
  • Saisies conservatoires : La justice a ordonné la confiscation immédiate des biens des entités condamnées.

Entre les lignes

Ce procès marque la fin de l’impunité traditionnelle des dirigeants sportifs. Pendant des décennies, les résultats sur le terrain servaient de bouclier politique.

Aujourd’hui, l’État applique au sport la même grille anti-corruption qu’aux entreprises publiques. La défense des accusés compte faire appel devant la Cour d’Alger.

Pourtant, le message politique est clair. La nouvelle gouvernance de la FAF est désormais placée sous surveillance financière stricte.

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