Crypto en Algérie : le grand flou
Crypto en Algérie. L’interdiction des cryptomonnaies en Algérie pousse les utilisateurs vers des solutions de paiement alternatives, souvent à la limite de la légalité.
Un cadre légal ultra-strict
Depuis juillet 2025, la législation algérienne criminalise la possession et l’usage de toute cryptomonnaie, USDT inclus. L’objectif de l’État est clair :
Lutter contre le blanchiment et le financement d’activités occultes.
Contrôler les flux de devises qui échappent aux banques centrales.
Sévir contre le marché noir du Square, bien que ce dernier reste florissant.
Le recours aux néo-banques
Malgré les risques, de nombreux Algériens continuent d’utiliser des solutions comme RedotPay ou Bitnob. Ces plateformes permettent :
D’obtenir une carte Visa virtuelle rapidement.
De contourner les frais exorbitants des banques locales (Société Générale, BDL).
De convertir du stablecoin en devises (USD/EUR) pour des achats en ligne.
« On continue tous d’utiliser la crypto et RedotPay. Interdire la crypto n’est absolument pas applicable dans les faits. »
Le casse-tête de l’alimentation
Pour charger ces cartes, le passage par Binance P2P reste la norme. La méthode est risquée mais courante :
Utilisation de l’application Baridimob pour les transferts en dinars.
Achat d’USDT via des vendeurs tiers.
Transfert vers la carte Visa pour payer des services (Netflix, publicités Facebook, achats Shopify).
Le véritable enjeu pour l’utilisateur lambda n’est pas tant la technologie que la visibilité. Si le fisc et la justice algérienne ciblent prioritairement les gros transferts (plusieurs millions de dinars), le petit utilisateur « retail » navigue dans une zone grise.
Le risque de se faire « snitch » (dénoncer) ou d’être repéré par un compte infiltré sur les réseaux sociaux existe. Cependant, l’incapacité technique de l’État à tracer chaque transaction sur la blockchain ou chaque virement Baridimob (souvent justifié comme un « prêt familial ») laisse une marge de manœuvre.
À terme, la pression sur les services comme RedotPay pourrait s’accentuer si ces derniers ne collaborent pas avec les autorités locales, forçant les Algériens à un retour vers le cash ou les banques traditionnelles, malgré leurs coûts prohibitifs.

