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Maroc : 5 ans de prison pour un post Facebook

La justice marocaine a condamné Saïd Boukioud à la peine maximale pour avoir critiqué la normalisation avec Israël, un sujet relevant des prérogatives royales.


Une condamnation pour « offense » indirecte

Bien que l’internaute visait la diplomatie, le tribunal a interprété ses propos comme une attaque envers le souverain.

D’abord, les faits se sont déroulés sur les réseaux sociaux fin 2020. Saïd Boukioud, alors résident au Qatar, exprimait son désaccord face au rapprochement entre le Maroc et Israël. Cependant, selon la Constitution marocaine, la politique étrangère est un domaine réservé exclusivement au roi Mohammed VI. Par conséquent, critiquer ces choix diplomatiques revient, aux yeux de la loi, à remettre en cause l’autorité du monarque lui-même.


La rigueur du Code pénal

L’usage d’Internet a transformé une infraction classique en un crime passible de la peine la plus lourde.

  • L’article 267-5 : Ce texte punit toute atteinte au régime monarchique. Si la peine de base est de 6 mois, elle grimpe à 5 ans de prison ferme dès lors que l’offense est publique ou numérique.

  • L’intention contestée : L’avocat de la défense qualifie la décision d' »incompréhensible ». Il affirme en effet que son client n’avait aucune intention d’offenser le Roi, mais souhaitait simplement exercer son droit de citoyen.

  • Effet rétroactif : Malgré la suppression des publications par l’auteur dès l’annonce des poursuites, la justice a maintenu sa sévérité maximale.

« La décision est lourde. Mon client rejetait la normalisation, mais ne souhaitait en aucun cas insulter le souverain. » — Me El Hassan Essouni.


Cette affaire illustre la frontière extrêmement ténue entre la liberté d’expression et la protection de la monarchie au Maroc. En 2026, la jurisprudence marocaine confirme que les réseaux sociaux ne bénéficient d’aucune zone de tolérance. Pour les autorités, la stabilité du pays repose sur le respect absolu des décisions régaliennes. En revanche, pour les défenseurs des droits humains, ce verdict crée un précédent dangereux. Il suggère en effet que tout débat sur la géopolitique peut devenir un délit d’opinion passible de plusieurs années de cellule.

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