Rue Thèbes Bataille d'Alger
Algerie, Histoire

Rue de Thèbes : Étincelle de la Bataille d’Alger

Le 10 août 1956, un attentat à la bombe ravage la Casbah d’Alger dans la rue de Thèbes. Une véritable étincelle de la Bataille d’Alger. C’était le début d’une escalade de violence sans précédent entre colons radicaux et indépendantistes.


Les faits historiques

Une opération terroriste

Dans la nuit du 10 août 1956, une charge explosive détruit plusieurs immeubles de la rue de Thèbes (souvent confondue localement avec la rue Boudrias).

  • Le bilan : Les chiffres officiels font état de 15 à 16 morts, mais les sources algériennes et les témoignages de l’époque évoquent jusqu’à 70 ou 80 victimes sous les décombres.

  • Les auteurs : L’attentat est l’œuvre de l’ORAF (Organisation de la Résistance de l’Algérie Française), un groupe extrémiste de « Pieds-Noirs ».

  • Le mobile : Une action punitive en représailles à des attaques du FLN, notamment le meurtre d’un patron de bar à Bab El Oued.

« Ce fut une nuit d’horreur qui a changé le visage de la Casbah à jamais. »


Le cerveau de l’ombre

André Achiary en première ligne. Ancien policier et figure de la résistance française, Achiary est le maître d’œuvre de cette opération.

  • Le réseau : Il s’est appuyé sur des activistes comme le docteur René Kovacs (souvent orthographié « Roni » dans les récits locaux) et des membres de l’Union Française Nord-Africaine.

  • L’impunité : Contrairement à certaines légendes urbaines, Achiary n’a pas été exécuté par le FLN en représailles immédiates.

  • La fin : Il s’est exilé en France puis en Espagne, où il est mort de causes naturelles (cancer) en 1983.


Mythes vs Réalité

Rectifier l’histoire

De nombreux récits populaires confondent les cibles et les acteurs du conflit.

  • La confusion : Le martyr Abdelrazak Hadad a bien abattu un inspecteur de police, Claude Mestre, mais ce dernier n’était pas le cerveau de la rue de Thèbes.

  • L’implication de l’État : Si l’ORAF était une structure clandestine, de forts soupçons de complicité ou de laisser-faire pèsent encore sur certains services de sécurité français de l’époque.

  • L’escalade : Cet attentat a servi de catalyseur au FLN pour lancer sa propre campagne de bombes dans les lieux publics d’Alger (Milk Bar, Cafétéria) dès septembre 1956.


L’attentat de la rue de Thèbes est la véritable étincelle de la Bataille d’Alger. En ciblant délibérément des civils au cœur de la Casbah, les extrémistes de l’Algérie française ont brisé tout espoir de dialogue politique.

Aujourd’hui, la précision des noms et des chiffres reste un enjeu de mémoire : au-delà de la comptabilité macabre, cet événement démontre comment cet acte a poussé la population civile algérienne à devenir l’atout numéro un du FLN, rendant l’indépendance inéluctable.

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