Algérie en CAN 2025: Le temps des bilans
Élimination logique en quarts de finale pour l’Algérie, dominée par un Nigeria supérieur physiquement et tactiquement. Sous Vladimir Petković, les Verts ont toutefois montré des progrès notables par rapport aux dernières éditions.
Deux jours après la défaite 0-2 face au Nigeria en quarts de finale de la CAN 2025, au Grand Stade de Marrakech, le temps est venu de dresser le bilan de la campagne algérienne. Certes, l’élimination laisse un goût amer, surtout avec les incidents post-match et les polémiques arbitrales. Cependant, ce parcours – première place du groupe E, qualification arrachée en huitièmes – marque une amélioration sensible par rapport aux éliminations précoces de 2022 et 2023.
Le parcours : de la domination en poules à l’arrêt en quarts
L’Algérie, placée dans le groupe E avec le Burkina Faso, la Guinée Équatoriale et le Soudan, a rempli son contrat en terminant première. Les Verts ont affiché une solidité défensive et une efficacité offensive convaincante : victoires 3-0 contre le Soudan et 3-1 contre la Guinée Équatoriale, ainsi qu’un succès plus laborieux face au Burkina Faso. Bilan : 9 points possibles sur 9 dans certains comptes, avec une attaque fluide et une défense rarement mise en danger.
En huitièmes de finale, la rencontre face à la RD Congo s’est révélée plus compliquée. Menés au score ou sous pression, les Verts s’en sont sortis grâce à un but décisif en prolongations (1-0 a.p.), souvent attribué à un éclair individuel en fin de match.
Le quart contre le Nigeria a toutefois révélé les limites actuelles. Dominés dans les duels, étouffés au milieu et incapables de développer leur jeu habituel, les Algériens n’ont cadré que peu de tirs. Les Super Eagles, avec leur intensité physique et leurs transitions rapides, ont marqué deux fois et contrôlé la rencontre.
Analyse tactique : les progrès de Petković et les faiblesses exposées
Vladimir Petković, arrivé après l’ère Belmadi, a instauré un 4-3-3 plus posé, axé sur la possession et les mouvements collectifs. En phase de groupes, cela a fonctionné : circulation rapide, pressing structuré et exploitation des couloirs avec Ait-Nouri et Belghali (ou ses remplaçants). Les milieux comme Bennacer et Boudaoui ont dicté le tempo.
Face au Nigeria, cependant, ce système a montré ses limites. Le manque d’intensité dans les duels et la vulnérabilité aux transitions rapides ont été fatals. Les Nigérians ont pressé haut, récupéré bas et exploité la vitesse de leurs attaquants. De plus, certaines décisions arbitrales contestées (penalty non sifflé, cartons) ont alimenté la frustration, même si Petković a reconnu après-match la supériorité adverse.
Les incidents après le coup de sifflet final – envahissement, tensions – ont conduit la CAF à ouvrir une enquête, tandis que la FAF a saisi la FIFA.
Performances individuelles : confirmations et révélations
- Rayan Ait-Nouri : Titulaire indiscutable à gauche, il a apporté danger offensif et solidité défensive. Une confirmation majeure.
- Ismaël Bennacer : Patron du milieu, il a récupéré et distribué avec précision.
- Amoura ou les attaquants : Des éclairs, mais manque de réalisme global.
- Riyad Mahrez : Capitaine présent, mais moins décisif qu’espéré dans les matchs à élimination.
- Nouveaux venus : Certains jeunes comme la révélation Maza ont gagné en expérience.
Les enseignements et perspectives
Premier enseignement : sous Petković, l’Algérie retrouve de la stabilité et une identité de jeu plus européenne. La première place en poules et les huitièmes prouvent que le cycle post-Belmadi progresse.
Deuxième point : le gap physique et athlétique reste criant face aux meilleures nations (Nigeria, Sénégal, Côte d’Ivoire). Il faudra renforcer la préparation et peut-être adapter le style sur certains matchs.
Troisième aspect : la gestion des matchs à enjeu et la résilience mentale doivent progresser. Les polémiques arbitrales ne doivent pas occulter les lacunes internes.
Enfin, la FAF a conforté Petković : continuité assurée pour le Mondial 2026. Avec cette génération mixte (expérimentés + jeunes comme Ait-Nouri, Maza, Belghali), les Verts ont une base solide pour rebondir.
Cette CAN 2025 n’est pas un échec total, mais un étape intermédiaire. Les Verts ont montré qu’ils pouvaient rivaliser – maintenant, il faut franchir un autre cap. Rendez-Vous aux USA pour le Mondial 2026 dans 6 mois.

