Affaire Imetal : Ali Aoun au tribunal le 6 avril
Ali Aoun. Le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed fixe la date du procès de l’ex-ministre de l’Industrie et de ses co-accusés.
Le rendez-vous judiciaire
Après une brève ouverture d’audience lundi, le juge a renvoyé l’affaire au 6 avril 2026.
La défense a obtenu ce délai supplémentaire pour approfondir l’examen d’un dossier complexe.
Sept prévenus en détention provisoire ont comparu, tandis qu’Ali Aoun s’est présenté libre sous contrôle judiciaire.
Parmi les figures clés citées : le fils du ministre (« M. Aoun »), l’homme d’affaires « Nono Manita » et l’ex-patron de la FAF, Sharaf-Eddine Amara.
Des accusations lourdes
Le dossier porte sur des soupçons de corruption systémique au sein du géant public de la sidérurgie, Imetal.
Les griefs incluent la conclusion de marchés suspects, notamment sur le commerce des déchets ferreux et du cuivre.
Les chefs d’inculpation retenus : dilapidation de deniers publics, abus de fonction, trafic d’influence et blanchiment d’argent.
Des preuves supplémentaires, apparues lors d’une enquête complémentaire en juillet 2024, ont retardé le renvoi initial.
L’ombre d’un réseau
L’enquête pointe des liens étroits entre la famille de l’ex-ministre et certains cercles d’affaires oranais.
L’homme d’affaires « Nono Manita » aurait voyagé en Mauritanie sans qualité légale avec des dirigeants du complexe Sider El Hadjar.
Ce voyage visait à conclure des accords lors d’un événement de l’Union arabe du fer et de l’acier.
La chambre d’accusation a maintenu le fils du ministre et trois dirigeants d’entreprises publiques en détention en novembre dernier.
« Le dossier Imetal illustre les dérives potentielles dans la gestion des actifs industriels publics au profit de réseaux d’influence privés. »
Ce procès est un test majeur pour le pôle financier de Sidi M’hamed en 2026. En ciblant à la fois un ex-ministre et des capitaines d’industrie comme ceux de Sider El Hadjar, la justice envoie un signal de fermeté sur la gestion des fleurons étatiques.
L’enjeu du 6 avril sera de déterminer si ces marchés « négociés » en Mauritanie et ailleurs relevaient de la diplomatie économique ou d’une capture de ressources publiques par des intérêts familiaux.

