1816: Alger sous les bombes
Une estampe commémorative néerlandaise de 1866 illustre le siège dévastateur d’Alger, marquant un tournant brutal dans les relations entre l’Europe et l’Afrique du Nord.
Un déluge de feu
La fin de l’invincibilité. En 1816, une flotte anglo-néerlandaise bombarde Alger pour mettre fin à la course barbaresque. L’œuvre de Petrus Johannes Schotel capture l’instant où la puissance navale européenne écrase les défenses de la ville.
Puissance conjointe : Les Néerlandais s’allient aux Britanniques. Ils déploient une artillerie lourde contre laquelle les fortifications ottomanes ne peuvent lutter.
Bilan matériel : Le port est incendié et la flotte du Dey presque totalement détruite en quelques heures.
Succès diplomatique : Le Dey est contraint de signer un traité. Il libère des milliers d’esclaves et renonce officiellement à la piraterie.
« Le feu était si intense que la ville semblait s’être transformée en un volcan en éruption. »
Un document mémoriel
Plus qu’une simple bataille. Cette estampe, produite cinquante ans après les faits, sert de témoignage historique et politique pour les Pays-Bas du XIXe siècle.
Héritage naval : Schotel, fils de marin, utilise sa précision technique pour glorifier l’efficacité de la marine néerlandaise.
Signatures officielles : Le document inclut des reproductions de signatures et de textes. Il valide l’authenticité de l’acte diplomatique qui a suivi le bombardement.
Identité nationale : Pour les Pays-Bas, cet événement prouvait leur statut de puissance maritime protectrice du commerce mondial.
Le bombardement de 1816 n’était pour eux pas seulement une mission humanitaire contre l’esclavage. C’était présenté comme une opération de police internationale visant à sécuriser les routes du capitalisme naissant. En brisant la capacité défensive d’Alger, les Britanniques et les Néerlandais ont involontairement préparé le terrain pour l’invasion française de 1830.
Cette image de 1866 montre qu’Alger était déjà, dans l’imaginaire européen, une ville conquise ou à conquérir. Elle souligne comment la force militaire a été utilisée pour imposer un nouvel ordre mondial, transformant la Méditerranée d’un espace de confrontation partagé en un lac européen.

