Série d'invincibilité de la FIFA
Football

Série d’invincibilité de la FIFA : le scandale algérien

La FIFA invalide le record d’invincibilité de l’Algérie en fusionnant arbitrairement sélections A et équipes réserves.

Ce qui se passe

La FIFA a publié un rapport révisé sur les plus longues séries mondiales d’invincibilité sans y faire figurer les 35 matchs historiques des Verts sous Djamel Belmadi.

L’instance a comptabilisé les défaites de l’équipe locale algérienne (CHAN et amicaux) pour briser la série de la sélection fanion.

La série record de 35 rencontres se retrouve tronçonnée en trois séquences isolées (16, 16 et 9 matchs).

Le revers 3-0 des locaux face au Maroc en qualifications du CHAN en octobre 2019 a été imputé directement aux A.

La défaite de la sélection bis en amical contre la Nouvelle-Zélande en 2021 annule également la continuité de la série.

L’instance contredit ses propres publications officielles de 2021 qui validaient 31 matchs sans défaite avant la Coupe Arabe.

La CAF avait elle-même entériné l’arrêt officiel de la série à 35 rencontres après la défaite contre la Guinée équatoriale.

« La méthode employée crée une asymétrie totale au détriment des nations possédant des équipes réserves actives. »

Pourquoi c’est important

Le mode de calcul applique un double standard flagrant entre les confédérations tout en impactant directement les tirages au sort internationaux.

Les nations européennes et sud-américaines n’alignent pas de sélections A’ et conservent un historique exclusivement basé sur l’équipe fanion.

Le Maroc et le Sénégal profitent paradoxalement de ce barème : leurs réserves ont gonflé leur compteur d’invincibilité jusqu’à 33 matchs.

La FIFA attribue aux matchs du CHAN et de la Coupe Arabe le coefficient de rencontres amicales hors calendrier officiel.

Les clubs ne sont pas tenus de libérer leurs joueurs pour ces tournois, forçant les sélections africaines à aligner des effectifs affaiblis.

Les points perdus lors de ces compétitions dégradent le classement mondial de la sélection A, déterminant pour les chapeaux de tirage.

Les techniciens des équipes locales sont pourtant effacés du rapport : seuls les sélectionneurs des équipes A sont crédités.

Ni Tarik Sektioui pour le Maroc ni Souleymane Diallo pour le Sénégal ne sont mentionnés dans les bilans officiels.

Sans cette règle hybride, l’Algérie afficherait 35 matchs, le Maroc 37 (ou 26 selon l’arbitrage du TAS) et le Sénégal 27.

Et maintenant

La Fédération algérienne de football (FAF) a officiellement saisi la FIFA pour exiger une révision de ses critères et le rétablissement de son palmarès.

La Fédération demande la dissociation totale entre sélections A et équipes locales pour tous les bilans statistiques mondiaux.

Une absence de correction créerait un précédent juridique sur la valeur des trophées continentaux dédiés aux joueurs locaux.

Zurich justifie historiquement cette règle en invoquant le statut officiel des compétitions seniors reconnues par les confédérations.

L’arbitrage du Tribunal arbitral du sport (TAS) sur d’autres dossiers africains pourrait accélérer une clarification des règlements de la FIFA.

Entre les lignes

La FIFA refuse d’admettre la faillite de son calendrier unifié. En refusant d’obliger la libération des joueurs expatriés pour le CHAN ou la Coupe Arabe, l’instance sait pertinemment que ces tournois n’impliquent pas les véritables sélections nationales. Les traiter rétroactivement comme des équipes A sur le plan statistique sert uniquement à maquiller ces épreuves en compétitions seniors majeures, protégeant ainsi leur valeur commerciale auprès des sponsors au détriment de l’équité sportive.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *