Djamel Rachedi réclame la refonte du Football algérien
Djamel Rachedi, figure historique du journalisme sportif tire la sonnette d’alarme sur l’état du football national et réclame une refonte globale.
La crise de gouvernance
Dans une interview accordée au journal Infosport, Djamel Rachedi pointe du doigt dans son analyse les faiblesses structurelles de la Fédération algérienne de football et l’absence totale de vision à long terme.
Les dirigeants de la FAF font preuve d’un laisser-aller total ou d’une incompétence grave.
Aucun objectif clair n’a été fixé au sélectionneur Vladimir Petkovic dès son arrivée.
L’encadrement actuel manque cruellement d’exigence envers les professionnels engagés.
L’institution souffre d’un déficit majeur de compétences au sein de son bureau fédéral.
« Un laisser-aller total ou de l’incompétence au niveau de la FAF ? Personne n’a réagi à l’arrivée de Petkovic. »
L’échec de la sélection
Malgré un réservoir de joueurs talentueux évoluant dans les plus grands clubs, l’équipe nationale peine à construire un collectif cohérent et performant.
La barrière de la langue du sélectionneur constitue un handicap permanent au quotidien.
L’équipe manque cruellement de cohésion collective et d’une identité de jeu affirmée.
La gestion du dernier stage de préparation est qualifiée de désastreuse par les observateurs.
Aucune passerelle efficace n’existe entre la sélection U23 et l’équipe première.
« On a des joueurs de classe mondiale, mais aucune cohésion ni identité collective. »
Un championnat à la dérive
Le football local fait face à des dérives financières massives et un manque flagrant d’infrastructures de formation adéquates.
Des salaires astronomiques de 2 milliards sont versés à des joueurs non internationaux.
Le calendrier de compétition s’étale de manière irrationnelle sur une durée de neuf mois.
L’arbitrage local est perçu comme biaisé et en constante dégradation.
Les clubs préfèrent casser l’académie du Paradou plutôt que de s’en inspirer.
Entre les lignes
Cette sortie au vitriole de Djamel Rachedi traduit l’exaspération grandissante du public et des experts face au gaspillage des ressources financières du football algérien. En remettant en cause à la fois le contrat jugé excessif accordé à Vladimir Petkovic et le fonctionnement des instances dirigé par la FAF, le message met la pression sur le ministère des Sports.
Sans une reprise en main radicale de la formation locale et de la gestion des sélections de jeunes, la régression du football national risque de s’installer durablement malgré l’illusion apportée par les talents nés à l’étranger.

